Colloque à l’Université Paris Diderot, UFR d’études psychanalytiques, avec les auteures du Déni

Le 22 avril 2017, les auteurs du Déni ont participé au colloque “La menace du féminin : Fantasme ou réalité ?” avec une communication intitulée  “Du mythe d’Eve à aujourd’hui, menace du féminin ou danger pour les femmes ?” Elles ont montré en particulier comment l’appropriation de la parole est la clé de la domination masculine dans l’Eglise, comment la culpabilisation des femmes est le mécanisme principal de leur emprise et étudié le langage patriarcal du pape François. Extraits.

 

Les femmes des corps sans tête

Dès les premières assemblées de chrétiens, Paul dicte aux femmes leur comportement : « que les femmes se taisent dans les assemblées : elles n’ont pas la permission de parler ; […]. Si elles désirent s’instruire sur quelque détail, qu’elles interrogent leur mari à la maison » (1 Co 14, 34 – 36). Paul dénie aux femmes le droit à la parole et il rappelle que, dans le mariage, le silence est la marque de leur soumission.

Ce n’est pas la tête des femmes qui intéresse les hommes. Comme le souligne encore saint Paul « Le chef de la femme, c’est l’homme (1 Co 11, 3). »  L’homme est la tête : « chef » est un autre mot pour dire « tête ». La femme n’est qu’un corps subordonné, privé de tête, donc d’intelligence, de pensée et de parole. 

                                                

Le bon féminin se tait

Que les femmes n’aient pas de tête, cette antique affirmation s’entend par exemple dans les propos du cardinal Vingt-Trois, en 2008 : « Le plus difficile est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête (1). » Faisant un jeu de mot involontaire sur l’adjectif « formées », il a l’air de dire que le plus difficile est de former le cerveau des femmes, en employant un mot qui indique aussi le passage à la puberté des filles. Les femmes sont d’abord identifiées à leur sexe avant d’être des personnes avec un cerveau.

Le bon modèle féminin se tait et dit oui, à l’image de Marie qui « méditait les événements dans son cœur » (Lc 2,19). 

 

Les femmes privées de parole dans l’Eglise                                                                    

L’Église s’est structurée autour d’une parole exclusivement masculine. Si la pensée avait été partagée avec les femmes, elle n’aurait pas produit autant d’écrits et de discours misogynes et les femmes ne seraient pas placées d’elles-mêmes en position secondaire.  

Dans l’Eglise, le fait de ne pas avoir accès au langage amène les femmes à se penser comme secondes, de manière quasiment réflexe et à s’autocensurer. Dans les attitudes attendues d’elles, tout comme dans les qualités qui leur sont attribuées : la modestie, la discrétion et le silence. 

 

(1) Cardinal André Vingt-Trois, Radio Notre-Dame, 6 novembre 2008.

 

 

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