Le Pape compare l’Europe à une grand-mère, un lapsus révélateur

4 décembre
2014

On aurait pu espérer que le 25 novembre 2014, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le pape ait des mots pour dénoncer « la volonté de domination de l’homme sur la femme, qui est pourtant, partout et de tout temps, la cause originelle des violences faites aux femmes » (Le Déni, p. 158), puisqu’il était invité à s’exprimer devant le parlement européen. Or « Aux yeux de François, l’Union européenne donne « une impression générale de fatigue et de vieillissement », l’image d’une « Europe grand-mère et non plus féconde et vivante » (lemonde.fr).

Le sexisme et la violence commencent par le langage. Si l’Europe est une “grand-mère”, elle a eu des enfants et des petits-enfant, elle n’est pas donc pas “inféconde”. Derrière ce genre de cliché sexiste, l’idée qu’une femme ménopausée n’est plus jeune, ni belle, ni désirable, ni “vivante” pour reprendre les termes du pape.

Le pape, qui est pourtant un vieil homme célibataire sans enfants ni petits-enfants, et donc infécond, utilise une métaphore sexuée, dénigrante pour les femmes, pour l’Europe et pour les grand-mères (mais rappelons que ce n’est pas aujourd’hui la journée internationale de l’Europe, ni celle des grand-mères). Il suffit d’inverser la proposition pour s’en rendre compte. Le pape aurait-il pu parler d’un continent ou d’un pays comme d’un grand-père qui ne serait plus fécond ni vivant ? Et pourtant les médias reprennent en boucle cette comparaison, preuve de l’ancrage de ce type de comparaison sexiste dans l’inconscient collectif.

A lire sur lemonde.fr.


Parlez-en !Email this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedIn

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *