Pâques, le chemin des femmes, dans Golias Hebdo du 17 avril 2014

17 avril
2014

Golias Hebdo n°332

Dans un éditorial intitulé, « Femmes et apôtres », l’hebdomadaire catholique Golias rappelle le rôle primordial des femmes dans l’annonce de la Résurrection, au centre de la foi chrétienne. Présentes au pied de la croix, elle sont encore les premières au matin de Pâques à recevoir l’annonce de la Résurrection du Christ et à être envoyées en mission pour l’annoncer. Leur parole disparaît pourtant dès l’époque des Actes des apôtres.

Une lecture tout en finesse des thèses du Déni.

Ce jeudi de la Grande Semaine, ce Jeudi Saint, beaucoup de prêtres et d’évêques referont le geste de Jésus : ils laveront les pieds d’une douzaine de personnes. Tout aura été programmé d’avance et personne n’osera refuser comme Pierre. Ainsi, le mâle ordonné pourra continuer à présider la célébration, en oubliant qu’il vient d’accomplir un travail féminin. Le plus souvent, on entend que Jésus a pris la place du serviteur. Ce qui est vrai mais cela risque de masquer le fait que, le plus souvent, ce sont les femmes qui servent… Qui, traditionnellement et surtout dans notre Église, lave, sert et nourrit ? Le prêtre pourra continuer prétendre exercer le pouvoir comme un service, sans se soucier de la voix de celles qu’il vient d’imiter à la suite du Seigneur.

Pourtant, les textes bibliques relus pendant la Semaine Sainte nous invitent à repenser profondément les relations entre les hommes et les femmes dans l’Église. Et pour vivre autrement le Mystère Pascal, nous vous proposons de tenir d’une main votre missel et de l’autre Le Déni (cf. Golias Hebdo n° 319 et 331), ouvrage bouleversant comme le sont les récits de la Passion et de la Résurrection ! Lors de la Cène, Jésus dit à Pierre : « Plus tard, tu comprendras ! » Et juste après, dans le même Évangile de Jean, Jésus annonce à ses disciples que l’Esprit les guidera vers la vérité tout entière et qu’ils feront des œuvres plus grandes que les siennes. Paroles étonnantes : l’Église ne posséderait donc pas encore la vérité ? Que pourrait-elle faire de plus grand que son Seigneur ? Le livre Le Déni de Maud Amandier et Alice Chablis nous offre une réponse en citant Teilhard de Chardin : « Il m’a semblé que dans l’Église actuelle, il y a trois pierres périssables dangereusement engagées dans les fondations : la première est un gouvernement qui exclut la démocratie ; la deuxième est un sacerdoce qui exclut et minimise la femme ; la troisième est une révélation qui exclut, pour l’avenir, la Prophétie . » Durant toute sa vie, telle que nous la relate les Évangiles, Jésus n’a eu de cesse de délier les codes sociaux qui séparaient les personnes et notamment le modèle patriarcal qui faisait de la domination masculine une règle aussi évidente qu’immuable. Marie, sœur de Marthe a bien le droit d’être disciple et d’écouter la Parole ; la femme n’est pas là que pour servir en cuisine ! Et le Ressuscité se présente d’abord à des femmes qui deviennent ainsi « Apôtres des Apôtres » selon le mot d’Hippolyte de Rome. C’est à elles que le Christ confie l’annonce de la Bonne Nouvelle à des hommes quelque peu incrédules ! Mais les apôtres ont bien vite repris la main, à tel point que Paul ne les mentionne même pas quand il évoque les apparitions du Ressuscité.

Et si le fait de redonner la parole aux femmes redonnait du souffle à l’Église ? Et si les études sur le genre qui déconstruisent les modèles sociaux étaient parmi les signes des temps que l’Église est invitée à lire pour avancer en vérité, ou dans la vérité ? Il est encore temps, Messieurs les Curés et Messeigneurs les Évêques… Pour le dimanche de Pâques, si vous laissiez prêcher une femme ? En prenant la place du serviteur… pas seulement le Jeudi Saint ! Bonne Pâques…



Mort et résurrection : un chemin pascal de conversion pour l’Église à parti des femmes par Pascal Janin et Christian Terras

Nous sommes en pleine Semaine Sainte, faisant mémoire, c’est-à-dire actualisant le Mystère Pascal de mort et de résurrection. La résurrection n’oublie pas la mort ; le Ressuscité se manifeste en montrant les plaies du crucifié. Vatican II a rappelé que toute personne vivait ce mystère (GS 22,5) dont l’Église témoigne, non seulement par des paroles mais aussi en actes et en vérité. Elle est donc toujours en état de conversion, semper reformanda, c’est-à-dire devant toujours être réformée.

Toute la question est de savoir si la réforme doit être cosmétique, ne touchant que le superficiel, ou plus profonde, en s’attaquant aux « structures de péché » qui peuvent marquer l’Église.

Le livre de Maud Amandier et Alice Chablis, le Déni, nous invite à opter résolument pour la seconde option et de manière très concrète. En regardant la place des femmes dans l’Église. Elles qui sein les Évangile et le mot d’Hippolyte de Rome, sont les “apôtres des apôtres”, n’ont quasiment pas droit à la parole dans nos assemblées. Le dominicain François Bœspflug a bien analysé la semaine dernière, dans Golias Hebdo n°331, les causes de la non réception de ce livre. La place des femmes, soumise, reste en effet une question refoulée. Beaucoup pensent que c’est un faux problème. Le titre du livre a donc bien été choisi ! Son contenu est remarquable de lucidité et ne sombre jamais l’aigreur. L’Église non seulement souffre d’une certaine hémiplégie en refusant d’écouter la voix des femmes, mais elle vit aussi u déni de la sexualité. La vieille assimilation augustinienne du péché primordial à la concupiscence et donc à l’acte sexuel a certes pu être dépassée dans certaines formulations doctrinales ; il n’en demeure pas moins présent dans l’inconscient refoulé de nombreux disciples du Christ ! Ce que nous ne voulons pas voir, les deux auteures nous le font découvrir.

Leur livre est comme une loupe, avec quelquefois des effets déformants mais nécessaires pour dévoiler ce qui demeurait caché : les violences faites aux femmes ! Violence encouragée, sinon engendrée par une lecture perverse de la Bible.

La suite est à lire dans Golias Hebdo du 17 avril 2014. (http://golias-news.fr/article6024.html


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